Message de M l’Ambassadeur à l’occasion de la conférence : « Le séisme du 25 avril 2015 au Népal : Un an après ! » à Paris

Ci - dessous le message de M Yves Carmona, Ambassadeur de France au Népal, à l’occasion de la conférence : « Le séisme du 25 avril 2015 au Népal : Un an après ! » à l’Assemblée Nationale de Paris le 25 avril 2016.

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Avril 25, 2016

Madame l’Ambassadrice,
Mesdames et messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs,

Je ne peux être présent physiquement parmi vous pour cette séance à l’Assemblée nationale mais je suis heureux de témoigner que la France est bien présente au Népal un an après le séisme.

Aussi mon premier devoir est d’être présent à mon poste à Katmandou. J’y suis arrivé il y a deux mois et demi et j’apprends avec ardeur à connaître le Népal, son Histoire, sa culture, ses habitants, ses codes, sa langue aussi, tout cela est nouveau pour moi, même si la grande Asie ne m’est pas inconnue, et c’est donc une découverte à laquelle je me consacre.

Un mot de l’ambassade de France à Katmandou. C’est désormais une toute petite équipe, fort dynamique : 5 agents de niveau cadre dont 3 Français, moi y compris, et quelques autres agents locaux, dans une chancellerie menaçant ruine suite au séisme et à la vétusté du bâtiment. La priorité est donc de préparer l’avenir avec ces moyens réduits, c’est-à-dire à terme une reconstruction complète de l’ambassade et d’une résidence sur le terrain que nous conservons en centre ville.
Le souvenir du séisme qui tua 10 de nos compatriotes il y a un an est bien sûr dans nos mémoires et les incessantes répliques – j’en ai ressenti 5 ou 6 moi-même en deux mois – sont là pour nous rappeler la permanence du danger ; mais plus encore, en plein centre de la capitale, les camps de réfugiés qui survivent courageusement du mieux possible dans leurs logements précaires nous rappellent que notre situation, malgré tout, reste enviable. A nous donc de tirer le meilleur parti de notre localisation préservée pour nous préparer au mieux à d’autres épreuves.

Heureusement, la France au Népal, c’est plus qu’une ambassade. C’est aussi une alliance française, qui par coïncidence doit elle aussi se relocaliser, tout en poursuivant son activité d’enseignement de la langue et ses prestations culturelles diversifiées. Elle accueille quelques jours avant vous un événement de commémoration du séisme au cours duquel interviennent plusieurs experts, dont nos chercheurs car la France, c’est aussi une coopération ancienne et appréciée dans le domaine sismologique ainsi qu’en géographie et anthropologie ; c’est aussi une école française internationale qui grandit et une communauté française qui n’a perdu qu’une fraction de ses résidents à la suite du séisme.

Ceux qui restent sont donc fermement ancrés dans un pays qu’ils aiment. Souvent anciens touristes ou voyageurs – on en comptait 24 000 par an avant le séisme -, ils ont posé le sac, parfois trouvé l’âme sœur et créé une activité qui leur permet de rester vivre dans ce pays attachant. Mais encore plus nombreux sont ceux – et il y en a sûrement parmi vous – qui y reviennent régulièrement pour toutes sortes de raisons : recherche, études et surtout soutien au peuple népalais qu’ils aiment.
La France au Népal, c’est cela, un attachement très fort de part et d’autre.
Aussi je me dois, depuis mon arrivée, de manifester avec détermination la continuité de notre présence, la présence de la France. Les autorités népalaises m’ont accueilli avec sympathie, avec chaleur, malgré leurs interrogations sur la réduction drastique de format que nous avons subie. Il faut donc les rencontrer, les rassurer, expliquer nos projets et rappeler que la France, ce n’est pas qu’un gouvernement, c’est aussi une multitude d’acteurs, des plus grandes ONG – dont le financement est également soutenu par l’Etat ou des collectivités territoriales, ne l’oublions pas – aux plus petites associations.

J’ai immédiatement entrepris d’aider les ONG à mieux travailler ensemble, et les modalités sont en cours de définition ; je m’efforce aussi, avec nos partenaires européens et autres, de convaincre les autorités népalaises qu’il est de leur intérêt de laisser davantage les coudées franches aux ONG dans leur action irremplaçable en matière de santé, d’éducation, de reconstruction aussi bien sûr, et cela est en bonne voie.

Enfin, la France au Népal un an après le séisme, ce sont des intérêts économiques partagés, des projets d’investissement que les autorités appellent de leurs vœux.

Après une année 2015 catastrophique, les acteurs publics et privés népalais aspirent à un renouveau dans lequel la France a sa place.

Dans ce pays montagneux et enclavé, nos avions et hélicoptères restent plus que jamais appréciés et plusieurs compagnies comptent en acquérir à bref délai.
L’énergie reste un besoin insuffisamment satisfait, il faut donc s’engager résolument dans la construction de centrales hydroélectriques, nos entreprises sont bien placées pour y contribuer. L’agriculture et l’élevage resteront durablement les activités principales du Népal et des Français y sont déjà présents et cela peut aller plus loin.

Nos produits de consommation de toutes sortes sont insuffisamment distribués alors qu’un nombre croissant de Népalais mais aussi bien sûr d’expatriés apprécieraient de les trouver dans un système de distribution qui reste à développer et à diversifier.

Enfin, le tourisme conserve un potentiel considérable, il va forcément reprendre de l’ampleur, on annonce de nouveaux équipements et là encore, les Français ont toute leur place, et je salue les efforts de formation des jeunes Népalais auxquels contribuent déjà des établissements français.

Je veux dire à ce sujet aux agences de voyage et à travers elles aux voyageurs français, peut-être moins empressés que d’autres à revenir, que même si des risques persistent, le Népal reste un pays magnifique qui mérite la visite !

En souhaitant plein succès à cette conférence, je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 15/05/2016

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