Les échanges commerciaux franco-népalais

Les échanges commerciaux franco-népalais

I. Généralités

Enclavé entre la Chine et l’Inde, le Népal reste l’un des États les plus pauvres d’Asie avec un PIB/hab de 322 USD en 2005, le plus faible en Asie du Sud. Alors que son économie se libéralise depuis 1991, il est confronté depuis 1999 à une phase de ralentissement de sa croissance qui le rend encore plus dépendant de son voisin indien. La guérilla maoïste qui a débuté en 1996 freine les efforts de développement, pèse sur la conjoncture économique et le tourisme, dissuade les investisseurs étrangers. L’économie et la population (à plus de 80%) sont essentiellement rurales, les hautes terres étant les moins habitées. Plus de 40% des 25 millions d’habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté. La croissance démographique est proche de 2,3 %. 51% des adultes sont analphabètes. La majorité des villages népalais sont au moins à une journée de marche de toute route. Une bonne partie de la population vit donc principalement en économie de subsistance. L’industrie est peu développée. Les infrastructures sont insuffisantes. En dépit de l’existence d’une zone très fertile au Sud le long de la frontière indienne, dans la plaine du Téraï où se concentre la moitié de la population, le relief accidenté du Népal et son enclavement géographique constituent des handicaps. Ses échanges extérieurs et son économie sont étroitement dépendants de l’Inde (plus de 50% des importations comme des investissements étrangers). La principale ressource extérieure est le tourisme, suivie par les envois de fonds du million d’émigrés, les exportations de biens manufacturés ou de produits alimentaires, puis l’aide étrangère. Le premier poste d’exportation du Népal est occupé à hauteur de plus de 40% par les tapis et les produits textiles transformés (habillement, pashminas, cachemires, etc.). Le Népal importe une large gamme de produits pour satisfaire ses besoins de production et de consommation : produits pétroliers, machines outils, équipements de transport, appareillages électriques et de communication, produits chimiques, médicaments, etc. Le principal client et fournisseur est naturellement l’Inde vers laquelle mènent toutes les voies d’accès terrestres au Népal hormis une unique route qui le relie au Tibet. A terme, les principales richesses du Népal sont ses immenses ressources hydroélectriques, presque inexploitées, et son magnifique potentiel touristique. Du fait de la guerre civile, la vallée de Katmandou et ses abords immédiats se sont gonflés de ruraux. La capitale regroupe aujourd’hui près de trois millions de personnes. La ville, mieux à l’abri de la guérilla, et le reste du pays ont ainsi tendance à devenir des entités économiques distinctes, les liaisons routières étant souvent problématiques.

II. Situation économique et financière

- Une situation économique pénalisée par les douze années de conflits internes.

année croissance inflation
2000 6,1 3,5
2001 5,6 2,4
2002 0,1 2,9
2003 3,9 4,8
2004 4,7 4
2005 3,1 4,5
2006 2,8 8
2007 2,5 6,4
2008 3,5 8

Des renseignements plus précis sur la situation économique du Népal sont fournis, en anglais uniquement, en fin d’article, en particulier trois documents de la Banque National Népalaise :

# Recent macroeconomic situation

# Economic repport 2006-07

# Monthly inflation data 2008.

Par ailleurs, vous pouvez avec intérêt consulter les sites de :
- la Banque asiatique de Développement,
- la Banque Mondiale,
- le Fonds Monétaire International
- ou encore la Banque Nationale du Népal.

Les perspectives budgétaires

Le Ministre des finances a présenté le 19 septembre, avec plus de deux mois de retard, le budget national pour l’année fiscale 2008/09 qui a commencé le 1er juillet. Ce budget suit de peu la formation du gouvernement le 23 août et son programme politique qui avait été rendu public le 10 septembre.

A l’instar du programme de gouvernement, ce budget est ambitieux : à 2,25 MD d’euros, il est en progression de 39 pour cent par rapport à l’année n-1 et de 76 pour cent par rapport à l’année n-2. Les hypothèses budgétaires reposent sur une progression du PNB de 7 pour cent, une inflation de 7,5 pour cent et une progression de 31 pour cent des revenus internes. Malgré cela, le déficit se monte à 898 M d’euros, soit 40 pour cent du budget avant la prise en compte de l’aide internationale.

Ce déficit devrait être compensé ainsi :
- 449 M d’euros de dons étrangers (+107 pour cent)
- 178 M d’euros d’emprunts internationaux (+65 pour cent)
- 238 M d’euros d’emprunts nationaux (+22 pour cent)
- 33M d’euros de déficit monétaire (+190 pour cent)

Au chapitre des dépenses, les investissements (+64, soit 39 pour cent du budget) progressent plus rapidement que le fonctionnement (+40, qui compte pour 54 pour cent du budget) tandis que les remboursements se limitent à 7 pour cent.

Les principaux secteurs identifiables sont l’éducation (16,5 pour cent du budget), la santé (6,6), les routes (5,9), l’hydroélectricité (5,4), l’armée (5,1) et la police (4,7). Le Gouvernement a également fait d’importantes promesses dans le secteur social en augmentant les salaires des fonctionnaires, les diverses allocations sociales, les fonds de développement des villages et la vente de produits subventionnés : ces dépenses figurent parmi les 47 pour cent du budget classés dans la rubrique ’’divers’’.

Dans l’esprit du Gouvernement, ce budget traduit une économie de transition où le partenariat privé-public et la multiplication des coopératives devrait permettre un développement accéléré afin de parvenir à une meilleure justice sociale et à une plus grande sécurité alimentaire, en particulier au profit des plus pauvres et des victimes du conflit.

Les investissements seront canalisés vers les secteurs à fort potentiel de développement (agriculture, ressources en eaux, tourisme, infrastructures et éducation) par le biais de 60 projets prioritaires.

Ce qui reste à faire.

- Des réformes structurelles nécessaires en particulier dans le secteur financier.
Le Népal a progressivement engagé depuis 1992 un processus de réformes qui a notamment conduit à la convertibilité de la roupie népalaise pour les transactions courantes, à la suppression des restrictions quantitatives à l’importation et à l’ouverture de tous les secteurs de l’économie à l’investissement étranger. Dans bien de cas, le processus s’avère lent, en particulier dans le secteur financier. Bien que des progrès aient été enregistrés, notamment le retour à la rentabilité depuis 2003-04 des deux grandes banques publiques (la Nepal Bank Limited et la Rastriya Banijya Bank) grâce à leur audit par des experts indépendants, le problème majeur demeure celui du recouvrement de leurs prêts. Les crédits non-performants sont ainsi encore estimés à près de 20% du total des crédits. Outre la situation bancaire, celle de l’endettement des quelques 49 entreprises publiques serait également très préoccupante.Les réformes du marché du travail et du secteur agricole sont encore inexistantes mais s’avèrent nécessaires pour retrouver le chemin d’une croissance plus forte, notamment pour augmenter la productivité agricole, très basse (même en comparaison de l’Inde et du Bangladesh), alors que le secteur contribue à plus du tiers du PIB.Concernant les privatisations et les IDE, ceux-ci sont bloqués de facto par la situation socio-politique dégradée.

- Relations multilatérales : principaux enjeux
Le FMI a approuvé en novembre 2003 une facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) sur 3 ans pour un montant de 72 MUSD, dont les première et seconde tranches ont déjà été décaissées (20 M USD). La seconde revue du programme devait se tenir en janvier 2005 mais a été ajournée sine die en raison de la situation politique. Le Népal vient de conclure sa dernière revue Art IV en janvier 2006. La Banque mondiale (BM) qui avait réduit ses prêts à 22,6 M USD en 2002, les a augmentés en 2003 (96,6 M USD, niveau identique à celui du début des années 1990), mais a rencontré des difficultés de décaissement en 2004. Ses priorités restent l’éducation primaire, la santé et la rationalisation de l’administration. L’encours des prêts de la BM, par l’intermédiaire de l’AID, se montent fin février 2006 à 1191,1 MUSD. La BM a un programme 2004-2007 de 765 M USD de prêts et a approuvé, en novembre 2003, un crédit d’appui à la réduction de la pauvreté (CARP) d’un montant de 70 MUSD (sous forme de soutien budgétaire), avec pour objectif que les dépenses de développement atteignent 8,2 % du PIB. Un nouveau prêt de 75,5 MUSD a été approuvé en mars 2004 visant à soutenir la réforme du secteur financier. La Banque a également approuvé 3 financements en 2005 dans le secteur de l’éducation (50 MUSD), de la santé (50 MUSD) et du développement rural (32 MUSD). La BAsD, dont l’encours a fortement diminué au cours des dernières années mais qui continue à suivre 21 projets, souhaitait également revenir assez rapidement à son volume d’aide antérieur. Elle a signé en mars 2002 un accord cadre (MoU) prévoyant un montant de prêts annuels de 100 MUSD et un don de 4 MUSD. Les prêts sont accordés à des conditions très concessionnelles (32 ans dont 8 ans de grâce, 1 % de taux d’intérêt durant la période de grâce et 1,5 % ensuite), l’accent étant mis sur le développement humain et la bonne gouvernance. Les priorités sectorielles sont l’agriculture et le développement rural, l’énergie et les infrastructures sociales (82 % du montant total). En 2004-06, la BAsD prévoit un programme de prêts de 321 M USD. Un nouveau programme pour 2005-09 a été annoncé à la mi-2004, dont 350 M USD pourraient être alloués en 2005-07. Toutefois, si la crise politique actuelle persiste, les opérations de la banque au Népal pour les deux prochaines années pourraient considérablement diminuer, voire être suspendues. L’UE a un portefeuille de projets d’environ 70 M€ sous forme de dons. Elle vient d’approuver 3 nouveaux projets en janvier 2006 d’un montant total de 2,1 M€ visant à améliorer la situation socio-économique de la population la plus vulnérable. Le Japon, les pays nordiques, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis sont les principaux donateurs bilatéraux, pour l’essentiel sous forme de dons.

III. La présence économique française au Népal

- Le commerce bilatéral entre la France et le Népal est caractérisé par sa faiblesse et sa concentration sur quelques postes
Les flux commerciaux entre la France et le Népal demeurent faibles : 22 MEUR en 2003 et ont même tendance à stagner (23 en 2004 et 21 en 2005). Les exportations françaises après avoir connu un pic au dessus des 15 M€ en 2000, 2001 et 2002 semblent se situer durablement en dessous de ce niveau aujourd’hui : 8,7 M€ en 2004, 10,2 en 2005. En 2005, elles sont concentrées surtout sur les biens intermédiaires (50%) et les biens d’équipement (28%). La part de marché de la France s’élève à un peu plus de 1% (un peu moins qu’en Inde où elle se situe en moyenne aux alentours de 1,5%), l’Inde se taillant la part du lion avec plus de 50%.
Quant aux importations françaises en provenance du Népal, elles sont constituées à hauteur de 75% par des biens de consommation, les biens intermédiaires ne représentant que 19%. Les exportations népalaises ont progressé de plus de 30% entre 2003 et 2005 renversant la situation de la balance commerciale qui en 2001, 2002, 2003 avait été favorable à la France.
En effet, depuis dix ans, la balance commerciale de la France avec le Népal est généralement déficitaire (voir annexe).

- Les investissements français au Népal demeurent limités
En 2003, le montant des flux d’investissement français au Népal s’élevait à 127 000 €. Le stock d’investissements atteignait la même année 1 073 000 €. En dehors d’Air France, qui n’opère plus de vols directs, aucune entreprise française n’est implantée au Népal. Le capital de 21 entreprises est néanmoins détenu en tout ou partie par des Français. Ce sont majoritairement des PME des secteurs tertiaire et secondaire, notamment de la restauration et de l’hôtellerie, situées à Katmandou. En termes de montant d’investissement français, les plus importantes sont : International Manufacturing Co.P.Ltd (100% du capital), Mother Dairy Nepal Pvt.Ltd (50%), Hotel Industry Kathmandu (100%), Vaicol Industries and Products (50%) et Colas Nepal Pvt.Ltd. (50%).
Le nombre de touristes français, d’environ 18.000 par an, se maintient en dépit d’une baisse par rapport au pic historique, atteint en 1999 (24 500).
Pour toute prospection commerciale, le Népal relève de la Mission Economique près l’Ambassade de France à New Delhi, qui n’affecte plus de représentant à titre permanent au Népal depuis la fin des années 1990. Toute demande à caractère commercial peut lui être adressée ainsi qu’à la Une chambre de commerce créée en 1993. Elle est présidée par M. Shyam Shrestha, également représentant d’Air France, et emploie un secrétaire général, M. Bal Chandra Bajracharya, et un Executive Officer, Babu Krishna Maharjan.

ANNEXE STATISTIQUE

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Exportations françaises et balance commerciale
Excel - 20 ko
Echanges bilatéraux 2004-2005 entre la France et le Népal
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Echanges bilatéraux entre la France et le Népal depuis 10 ans
Excel - 97.5 ko
Graphiques des échanges bilatéraux entre la France et le Népal
PDF - 157.9 ko
Le commerce extérieur du Népal en 2005-06
Excel - 20 ko
Evolution des échanges bilatéraux au 1er semestre 2007
PDF - 286.9 ko
Macro-economic Indicators, Nepal, 2008
PDF - 727 ko
Monthly Inflation data 2008
PDF - 1.7 Mo
Economic Report 2006-07

Dernière modification : 03/01/2012

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