Déclaration de la présidence au nom de l’Union européenne (30 janvier 2006)

L’Union européenne demeure vivement préoccupée par la situation au Népal, où les forces politiques semblent se diriger vers un affrontement et un clivage de plus en plus graves, augmentant ainsi le risque d’approfondir la crise politique.

L’Union européenne apporte son soutien sans réserve aux modérés qui, au Népal, œuvrent à l’instauration d’une paix durable, fondée sur les principes d’un gouvernement civil, démocratique et comptable de son action.

L’UE condamne vigoureusement le recours à la force pour réprimer l’exercice par les Népalais de leurs droits fondamentaux, y compris la liberté de réunion et la liberté d’expression. L’UE considère que les importantes restrictions imposées par le gouvernement à la société népalaise, aux partis politiques et à la société civile au cours de la semaine écoulée sont disproportionnées et vont à l’encontre des obligations qui incombent au Népal aux termes du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

L’UE engage le roi, le gouvernement du Népal et les forces de sécurité à rétablir sans délai toutes les libertés politiques et civiles, conformément aux obligations internationales du pays, à libérer immédiatement tous les prisonniers politiques et les défenseurs des droits de l’homme et à veiller à ce que les droits politiques et civils, y compris la liberté de réunion et la liberté de parole, puissent être exercés pacifiquement.

L’UE condamne résolument la reprise des violences par les maoïstes, et notamment le meurtre récent d’un candidat aux élections.

L’UE déplore vivement que le gouvernement n’ait pas saisi l’occasion offerte par le cessez le feu unilatéral décrété par les maoïstes pour proclamer une trêve.

L’UE souligne que toutes les parties ont l’obligation de respecter pleinement le droit humanitaire international, et ce notamment en protégeant les civils et en facilitant l’accès des organisations humanitaires cherchant à venir en aide aux personnes touchées.

L’UE réaffirme que ce dont le Népal et les Népalais ont besoin, de toute urgence, c’est d’une cessation des hostilités, qui constituerait une première étape d’un processus de paix global et sans exclusive.

L’Union européenne rappelle sa position sur les élections. Si l’on veut que le scrutin ait tout son sens, il est capital que celui-ci soit organisé en concertation directe avec les partis politiques dans le cadre d’une démarche visant à rétablir pleinement la démocratie. Une telle concertation n’a pas eu lieu, de sorte que l’élection municipale prévue représentera un nouveau recul sur le plan de la démocratie et sera de nature à exacerber encore les divisions.

La Bulgarie et la Roumanie, pays en voie d’adhésion, la Turquie, la Croatie* et l’ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie-Monténégro, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l’AELE membres de l’Espace économique européen, ainsi que l’Ukraine et la République de Moldavie se rallient à la présente déclaration.

*La Croatie et l’ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d’association.

Dernière modification : 01/02/2006

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