Brève chronologie historique

Les chronologies locales font remonter l’histoire du Népal au IIIème siècle, durant lequel la dynastie des Licchavi, dont peu d’éléments sont connus, a été établie. Cette dynastie a régné sur une partie de l’actuel Népal jusqu’au VIIIème siècle. Du IXème au XIIème siècle, la dynastie des Thakuri lui a succédé en continuant de mener une politique de tolérance religieuse permettant au bouddhisme de coexister et de fleurir aux côtés de l’hindouisme. Du XIIIème siècle à 1768, la dynastie des Malla, divisée en plusieurs branches, a régné sur les principautés de la vallée de Katmandou. Shivaïtes ou vishnouistes, les Malla ont pareillement fait preuve de tolérance à l’égard du bouddhisme.

1768 : Prithvi Narayan Shah conquiert la vallée de Katmandou, unifie le Népal et installe l’actuelle dynastie régnante des Shah, dont le fief originel de Gorkha se situe sur les contreforts de l’Himalaya central.

1816 : Le traité de Sugauli met un terme à la guerre entre le Népal et les Britanniques.

1846-1951 : Le clan des Rana monopolise les fonctions gouvernementales et le poste de Premier ministre. Le Roi est dépouillé de ses pouvoirs au profit de l’oligarchie héréditaire des Rana. Le Népal entretient des relations cordiales avec l’Empire britannique des Indes et Londres, qui reconnaît son indépendance formelle ; en 1857, les « gourkhas » népalais apportent leur concours à la puissance coloniale britannique pour mater la mutinerie des « cipayes » en Inde.

1934 : La capitale Katmandou est dévastée par un important tremblement de terre.

Juillet 1950 : Traité de paix et d’amitié entre le Népal et l’Inde (indépendante depuis 1947), texte fondateur des relations contemporaines entre Katmandou et Delhi.

Novembre 1950 - février 1951 : Le Roi Tribhuvan s’exile en Inde et, avec le soutien du parti du Congrès népalais et de Delhi, parvient à imposer aux Rana la restauration de ses prérogatives de monarque.

1955 : Décès du Roi Tribhuvan ; son fils Mahendra lui succède.

Février 1959 : Premières élections générales. Le parti du Congrès remporte une confortable majorité et forme le gouvernement.

Décembre 1960 : Le Roi Mahendra dissout le Parlement, remercie le gouvernement et instaure le régime apolitique du « Panchayat », qui durera trente ans (les principaux dirigeants politiques sont emprisonnés ou s’exilent en Inde).

1972 : Décès du Roi Mahendra. Son fils Birendra lui succède et est officiellement couronné en 1975.

Printemps 1990 : Mouvement démocratique pour le rétablissement des libertés publiques. Le Roi Birendra accepte de rendre constitutionnelle la monarchie (Constitution promulguée en novembre 1990).

1996 : Le « Communist Party of Nepal-Maoist » (CPN-M) lance la « guerre populaire » contre les autorités centrales. En neuf ans, la rébellion aura provoqué quelque onze mille victimes.

Mai 1999 : Dernières élections générales. Le parti du Congrès remporte une majorité des sièges à la Chambre des représentants (chambre basse).

Juin 2001 : Le prince héritier Dipendra assassine son père, le Roi Birendra, ainsi qu’une dizaine de membres de la famille royale, et se suicide. Gyanendra, frère du Roi Mahendra, accède au trône.

Juillet à novembre 2001 : Cessez-le-feu avec la guérilla maoiste et première série de pourparlers. La rupture de la trêve se traduit par un engagement direct de l’Armée royale du Népal (seules les forces de police avaient été auparavant mobilisées contre l’insurrection).

Mai 2002 : Le Roi dissout le Parlement.

Janvier à août 2003 : Cessez-le-feu et seconde série de négociations, qui n’aboutissent pas.

Juin 2004 : Le Roi nomme Premier ministre M. Sher Bahadur DEUBA, ancien chef du gouvernement de 1995 à 1997 puis de juillet 2001 à octobre 2002. M. DEUBA dirige, depuis sa scission en septembre 2002, le parti du « Congrès népalais (démocratique) » (NC-D).

1er février 2005 : Le Roi Gyanendra renvoie le gouvernement Deuba, instaure l’état d’urgence, et assume l’ensemble du pouvoir exécutif.

Septembre 2005 : Les maoïstes déclarent un cessez-le-feu unilatéral, qui sera reconduit pour un mois en décembre.

25 novembre 2005 : Signature d’un accord en douze points entre l’« Alliance des sept partis » (opposition) et le Communist Party of Nepal (Maoist).

22 mars 2006 : Second accord entre l’« Alliance des sept partis » et les maoïstes.

Avril 2006 : Organisée par l’« Alliance des sept partis », une grève générale illimitée accompagnée de manifestations de rue oblige le Roi Gyanendra à déclarer, le 24 avril, le rétablissement du Parlement élu en 1999 et dissout en mai 2002. Le 28 avril, M. Girija Prasad Koirala, président du parti du Congrès népalais, est désigné Premier ministre.

Mai 2006 : Premier dialogue entre le Premier ministre PM Koirala et le chef de la rébellion maoïste dit Prachanda.

Novembre 2006 : Signature de l’accord de paix entre le Gouvernement et les maoïstes mettant fin à une guerre civile de 12 ans qui aura fait environ 13.000 morts. Les Maoïste acceptent d’intégrer un gouvernement provisoire et de placer leurs armes sous la supervision des Nations-Unies.

Janvier 2007 : Les Maoïstes entrent au Parlement. De violents troubles commencent dans le sud-est du pays : les manifestants demandent une meilleur prise en compte de leur région, voire son autonomie.

Avril 2007 : Les Maoïstes intègrent le gouvernement provisoire et acceptent ainsi d’entrer dans le jeu politique normal.

Mai 2007 : les élections générales sont repussées.

Septembre 2007 : trois bombes explosent à Katmandou. Les Maoïstes quittent le gouvernement et exigent la fin de la monarchie pour participer aux élections, qui sont donc à nouveau reportées.

Décembre 2007 : Le Parlement met fin à la monarchie. Les Maoïstes rejoignent le Gouvernement.

Janvier 2008 : Des bombes explosent dans le sud-est du pays où la demande d’autonomie s’intensifie.

Avril 2008 : Election générales, considérées comme globalement pacifiques et représentatives. Les Maoïstes remportent une nette victoire qui surprend le plupart des observateurs sans toutefois atteindre à la majorité absolue.

Mai 2008 : La République est proclamée.

Juin 2008 : Les Maoïstes quittent à nouveau le Gouvernement faute d’en obtenir la tête.

Juillet 2008 : Ram Baran Yadav devient le premier Président de la République.

Août 2008 : Le chef maoïste Pushpa Kamal Dahal, dit Prachanda, devient le Premier Ministre du Népal à la tête d’une coalition de six partis finalisée en septembre dont le parti communiste-UML et le Forum pour les droits des Madhesis (MPRF, sud du pays). Le Nepali Congress reste dans l’opposition.

novembre 2008 : L’assemblée Constituante annonce son calendrier de travail qui doit déboucher sur une nouvelle constitution le 28 mai 2010.

Janvier 2009 : Faute de progrès du processus de réhabilitation ou d’intégration dans l’armée nationale des anciens combattants maoïstes, les Nations-Unies renouvellent une nouvelle fois leur mission de surveillance des troupes et armes maoïstes jusqu’en juillet 2009. Les coupures d’électricité atteignent 16 heures par jour.

Mai 2009 : Le 3 mai, après plusieurs semaines de violentes controverses et de vains pourparlers avec les autres partis politiques, les maoïstes renvoient unilatéralement le Chef d’Etat-major de l’armée, accusé de n’avoir pas montré assez de soumission envers le pouvoir politique. Les principaux partenaires politiques des maoïstes au sein de la coalition au pouvoir (CPN-UML & NSP) quittent immédiatement le gouvernement en signe de protestation, le dernier partenaire important (MJF) condamne ce renvoi et le Président de la République, qui est le Chef suprême des armées, demande au Chef d’Etat-major de ne pas obéir au gouvernement. Le lendemain, 4 mai, le Premier Ministre Kamal Pushpa Dahal, dit "Prachanda", démissionne en direct lors d’une allocution télévisée.

Le 24 mai, une nouvelle coalition de 22 partis excluant les maoïstes se forme autour de M. Madhav Kumar Nepal, ancien Secrétaire général du CPN-UML, élu sans opposition au poste de Premier ministre.

Les maoïstes entament une campagne de manifestations en faveur de la "suprématie civile". Ils exigent la reconnaissance du rôle non constitutionnel du Président la République dans l’affaire du Général Katawal. Pour faire pression sur le gouvernement, l’UCPN-M bloque le fonctionnement du Parlement.

Août 2009 : suite à son refus d’obéir à la Cour Suprême qui exige une prestation de serment en népali et non en hindi, le vice-président de la République perd ses fonctions (mais reste en poste). Ce refus déclenche un crise au sein des partis du sud qui en font une affaire de principe.

Décembre 2009 : Le 16, l’UCPN-Maoïste, le Gouvernement et les Nations-Unies signent l’accord sur la libération des combattants maoïstes disqualifiés.
Une grève générale les 20,21 et 22 décembre marque la fin de la 3eme phase des manifestations maoïstes pour obtenir la reconnaissance de la "suprématie civile".
Le 23, mes maoïstes lèvent le blocage du Parlement imposé depuis mai.

Janvier 2010. Le 7, début de la libération des combattants maoïstes disqualifiés encore dans les cantonnements ; cette libération sera terminée le 8 février. Le 12, les trois principaux leaders politiques (maoïstes, NC & UML) constituent le "Mécanisme politique de haut niveau".

20 Mars 2010 Décès de Girija Prasad Koirala, ancien Premier ministre et Président du Nepali Congress.

28 mai 2010. Les partis s’accordent à la toute dernière minute pour modifier la Constitution et prolonger ainsi d’un an le mandat de l’Assemblée Constituante/parlementaire ; ils évitent ainsi une grave crise constitutionnelle.

30 juin 2010. Démission du Gouvernement de Monsieur Madhav Kumar Népal (UML). Le Président de la République appelle les partis à former un gouvernement d’union nationale (voir 4 février 2011).

12 février 2011. M. Poudel, NC, dernier candidat en lice pour le poste de Premier ministre, se retire après que 16 tours de scrutin n’aient pu dégager une majorité.

15 Janv 2011. Fin du mandat de la MINUN. Les partis népalais s’accordent pour remplacer les observateurs des NU par une force composée à parts égales de membres de l’armée, la police, la police armée et les maoïstes.

22 janvier 2011. L’UCPN-maoïste cède le commandement de l’armée populaire (PLA) au Comité Spécial chargé des intégrations et réhabilitations.

4 février 2011. M. Jhala Nath Khanal, président de l’UML , est élu Premier ministre avec le soutien des voix maoïstes, après avoir signé un accord en 7 points avec ce parti. Il mettra néanmoins 4 mois à constituer un gouvernement.

le 28 mai 2011, l’Assemblée Constituante est prolongé de 3 mois.

Le 29 août 2011, après la démission du PM Khanal, le n°2 maoïste Baburam Bhattarai est élu Premier ministre au premier tour de scrutin avec l’appui de l’alliance des partis du Téraï (UDMF) et, dès le lendemain, la mandat de l’Assemblée est à nouveau prolongée de 3 mois.

Le 1er novembre 2011, les partis signent un accord en 7 points visant à conclure le processus de paix en réglant le sort des anciens combattants maoïstes qui se poursuit lentement.

Le 1 novembre 2011, le mandat de l’Assemblée Constituante est à nouveau prolongé de 6 mois mais la Cour Suprême décide que cette prolongation sera la dernière.

Le 3 mai 2012, le gouvernement Bhattarai signe un accord avec l’opposition pour former un gouvernement d’union nationale. celui-ci durera 18 jours avant que les ministres NC puis UML ne démissionnent.

le 27 mai 2012, après qu’un nouvel accord ait fait croire à la possibilité d’un compromis constitutionnel entre les grands partis, les négociations échouent sur la questions du fédéralisme.
Le PM Bhattarai annonce la dissolution de l’Assemblée Constituante et l’élection d’une nouvelle Assemblée Constituante le 22 novembre 2012, mais l’opposition conteste la validité de la mesure et de son gouvernement.

Juin 2012 scission au sein du parti maoïste et création par la faction Baidya (aile dure du parti) du parti d’opposition CPN-M

Août 2012 le Président bloque un projet d’ordonnance sur la création d’une Commission Vérité et Réconciliation, jugé non conforme aux normes internationales et ouvrant la voie à une large amnistie.

Automne 2012 échec des discussions entre la majorité et l’opposition pour la formation d’un gouvernement de consensus. Le PM ne parvient pas à organiser des élections à la date prévue (22 novembre).

14 mars 2013 pour mettre fin à l’impasse politique persistante, les quatre grandes forces politiques (UCPN-M, NC, UML, coalition Madhesi) signent un accord pour la création d’un Conseil électoral intérimaire, constitué d’ancien hauts fonctionnaires, chargé d’organiser les prochaines élections.

Dernière modification : 08/04/2013

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